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jeudi 19 août 2010

Trek au Pérou : Bloc à Huaripampa (étape 8)

Laguna Huecrococha Alto de Pucaradju Quebrade Huaripampa trek perou
Laguna Huecrococha (4040m) - Alto de Pucaradju (4650m) - Quebrade Huaripampa (4230m)
Deniv +600m / -1000m
Distance : 7km
4h45 de marche hors pause

Il a bien sûr gelé cette nuit, mais ce matin encore nous sommes vite réchauffés par les premiers rayons de soleil. Cette nuit, nous avions soigneusement mis à l'abri nos chaussures, bâtons, à l'intérieur de la chambre de la tente. La rumeur circulant entre muletiers d'un risque de vols sur ce campement, pas question de laisser trainer quoi que ce soit sous les avancées de nos igloos. D'ailleurs, il avait été question hier de poser le camp plus loin des bergeries, à l'autre extrémité du lac, mais la place était occupée par une cohorte de trekkeurs teutons au campement aligné à la perfection.

Ce matin donc, nous longeons la lagune, sur 1km puis attaquons notre ascension jusqu'au col de Pucaradju (4650m). Là, nous bullons longuement en appréciant un des plus beaux panoramas de notre randonnée andine : Tullijaru, Artesonjaru (à vos souhaits !), Piramide (là, tout le monde comprend ?) et Chacraraju (revisez : demain, interrogation surprise !). Bref, une série de sommets magnifiques et une vue à couper le souffle !

A propos de souffle, il est plus que temps de présenter deux de nos compagnes de marche : les deux Christine. Pour simplifier, nous dirons Christine et Christina, cette dernière nuance ayant été introduite affectueusement par Catalino dès le début de notre trek.
Notre binôme partage, outre le prénom, le même soin porté à leurs bronches. Christina qui supporte assez mal la poussière arbore un magnifique foulard façon bandit de grands chemins, ce qui ne l'empêche pas, la pauvre, de tousser tout ce qu'elle peut ! Tandis que Christine, l'autre, ne tousse pas mais tente de mettre un terme à sa consommation de cigarettes. C'est vrai que l'occasion et l'altitude (entre 4000 et 5000m) font le larron. Christine, donc, bouffe des bonbons à la nicotine. Et se paie régulièrement une petite pause antitabac façon comprimé en s'exclamant "comme ça, je peux fumer sous la tente !". Tente qu'elles occupent en collocation depuis plusieurs jours maintenant. Voilà pour le souffle.

Pour Christine (celle avec les patchs) les choses avaient commencé curieusement le premier jour à Lima : l'ordre d'arrivée des participants, doublé d'une petite erreur de notre voyagiste l'a poussé dans la même chambre (à deux lits, l'honneur est sauf) qu'un inconnu. Inconnu qui ne le restera pas longtemps, mais la discrétion nous oblige à ne pas nommer Bertrand. Voilà donc Christine et "B." partageant cette chambre d'hôtel. Bertrand épuisé et discret s'effondre sous les draps, tandis que notre amie découvre que les toilettes sont bouchées. Gênant ... Ni une, ni deux, la voici qui appelle la réception pour expliquer son désagrément. Sans attendre, un représentant de l'hôtel frappe à la porte, entre et se dirige aussitôt vers le petit endroit où il fait à plusieurs reprises le point sur le problème, sans succès. Bertrand dors toujours ...
Constatant avec dépit que pour un seul homme la tâche serait insurmontable, notre responsable d'étage retourne côté chambre, contourne le lit où dort Bertrand (c'est ça, oui !), se saisit du téléphone sur la table de chevet et appelle la cavalerie en renfort. Peu après, une petite armée mexicaine (pardon, péruvienne) arrive à son tour, en uniforme, ventouses et autres ustensiles à déboucher en main. Essais, palabres, proposition de changer de chambre, nouvelles tentatives ... Bertrand dors toujours, d'un œil. Enfin, en un dernier tir désespéré de chasse d'eau, tout ce petit monde constate, soulagé, que la chose est enfin débouchée. On retire pour vérifier : tout est parfait. Fierté des membres du commando. Excuses, salutations, le groupe d'intervention évacue le périmètre maintenant sécurisé. Bertrand dors toujours ... Christine peut se coucher en se disant qu'au moins, durant le trek, elle ne risquera pas de problème de plomberie ...

Cette histoire, nous allons bien nous la raconter encore ce soir sous la grande tente entre deux bonnes blagues ...

Mais bon, il est temps de cesser de rêvasser devant le panorama de Pucaradju pour descendre très vite (le chemin est raide) sur Huaripampa où les muletiers nous attendent pour le campement.

Le site est jonché de gros rochers, et la tentation est grande d'ouvrir quelques passages d'escalade sur blocs. Ca nous démangeait le bout des doigts. Carlos se joint à la cordée sans corde et grimpe avec facilité, puis c'est le tour d'un des muletiers qui nous fait le coup du chamois, s'amusant à répéter nos passages en tongues et sans hésitation. Et en plus, ça le fait marrer ... Reste plus qu'à marquer les voies et à dessiner le topo. "Escalade de blocs à 4000 mètres, Huaripampa, Pérou" : ça aurait de l'allure, non ? Ils peuvent aller se rhabiller, à Ailefroide ...

Ensuite, c'est l'heure du goûter, et notre bande de trekkeurs s'isole un peu pour calculer, préparer, répartir les pourboires dans des petites enveloppes : la fin du tour approche et il nous faut penser à rétribuer nos amis péruviens. La distribution se fera dans deux ou trois jours.


Cliquer sur la carte pour l'agrandir

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